bozonnet.com
  Le site de Vincent Bozonnet
Samedi 26 juillet 2008 1:59 Inscription à la NewsLetter*
110 photos en ligne

L'ECONOMIE DU TOURISME
EN SAVOIE

Mémoire de maîtrise de Sciences Economiques
Seule l'introduction est reproduite - voir la couverture

0.2. PRESENTATION HISTORIQUE.
0.0. 0.1. 0.2. 0.3. 0.4. 0.5.

          La Savoie, annexée par la France napoléonienne en 1860, est riche d’une histoire plus que millénaire: après son occupation par les Allobroges dès le VIIème siècle avant J.-C., elle fût conquise tour à tour par les Romains (aux environs de -121 avant J.-C.), les Burgondes (Vème siècle) et les Francs (VIème siècle). Suite à l’éclatement de ce dernier empire et aux partages effectués par les Mérovingiens et les Carolingiens, elle passa successivement entre les mains de plusieurs royaumes, de Provence et de Bourgogne notamment. Or Rodolphe III, souverains du Royaume de Bourgogne Transjurane qui incluait la Savoie, sans héritier, légua toutes ses terres à l’empereur germanique Conrad II (1032). Mais Eudes de Blois revendiqua les terres de Savoie. Après moult batailles au côté du Saint Empire, la Savoie, désormais sous influence germanique, obtint la création d’un Comté de Savoie. Et c’est ainsi que Humbert Ier, surnommé Humbert aux blanches mains, fonda une dynastie qui allait devenir millénaire sous le nom de Maison de Savoie (1037).

          La Savoie, par la suite maîtresse des deux versants des Alpes et de l’ensemble de ses cols, et donc, entre autre de la route vers l’Italie, posséda de sérieux atouts économiques et politiques. D’importants droits de péage furent mis en place, notamment aux cols stratégiques: Mont Cenis (2083m), Petit Saint Bernard (2188m) et Grand Saint Bernard (2473m). A un niveau plus politique, la Savoie joua sur les rivalités de ses puissants voisins qu’étaient la France, l’Italie et l’Empire. Les conflits entre l’empereur et la papauté, entre la France et l’Autriche notamment, contribuèrent à la prospérité du pays. L’indépendance du pays fut définitivement acquise lorsque le comté, sous le règne d’Amédée VIII, fut érigé en duché par 1'empereur du Saint-Empire romain germanique, Sigismond de Luxembourg (18 février 1416).

          La Savoie fut envahie à de nombreuses reprises mais retrouva pourtant à chaque fois son indépendance. Charles Quint la convoita; François Ier la revendiqua, sa mère n’étant autre que Louise de Savoie. Louis XIII et Louis XIV, chacun à leur tour tentèrent de l’envahir. Elle eut même à subir une brève occupation espagnole pendant la guerre de succession d’Autriche. Annexée une première fois par la France révolutionnaire et impériale, de 1796 à 1814, la Savoie retrouva sa souveraineté jusqu’en 1860, année de la seconde annexion française.

          Dès 1804, la Savoie fit donc partie de l’empire napoléonien. Napoléon Bonaparte, souhaitant développer au maximum les échanges avec l’Italie, mena une politique de développement des infrastructures: construction de ponts, creusement de tunnels, élargissement des routes, etc. En 1810, grâce à ces investissements, ce furent par exemple 3000 voitures de voyageurs et 14000 voitures de routage qui passèrent le col du Mont Cenis! Le développement des transports et du commerce fit la fortune des commerçants, voituriers et aubergistes de la vallée de la Maurienne et du Chablais. Le transport terrestre fut en outre favorisé par le blocus maritime des Anglais lors des guerres napoléoniennes.

          La précarité de la vie, due aux guerres impériales, poussa les riches à se distraire dans les villes d’eau, dont la plus connue à l’époque, est Aix-les-Bains. Au XIXème siècle, Aix-les-Bains devint « l’autre » capitale de la Savoie: celle de la vie mondaine et des loisirs, celle d’une aristocratie européenne en quête de lieux pour se rassembler, celle d’une grande bourgeoisie prompte à suivre les modes.

          Les bains et les soins thermaux ne devinrent guère qu’un prétexte pour justifier une pratique nouvelle: le voyage d’agrément et donc le tourisme. C’est pour cet nouvel engouement qu’est le tourisme, que la ville d’Aix se para de monuments fastueux, aujourd’hui admirés comme trésors du patrimoine de Savoie et développant une nouvelle forme de tourisme, le tourisme culturel. A la Belle Epoque, hôtels, palaces, casinos, théâtres, se multiplièrent et rivalisèrent dans la qualité des constructions et des décorations intérieures. Le luxe et l’apparat, le recours à une ornementation quelque peu grandiloquente, où domine l’éclectisme et l’art nouveau, furent alors les emblèmes de la cité. A la Belle Epoque, Aix se forma comme réputation d’être à la fois « Station des reines et Reine des stations », celle où il fallait se montrer, où richesse et haute naissance venaient à la rencontre de la beauté et de la santé. Ainsi, la reine Victoria d’Angleterre consacra Aix-en-Savoie et lui fit prendre le pas sur les stations allemandes: elle y vint même plusieurs fois en séjours. De nombreux visiteurs célèbre furent à l’honneur à Aix, comme George Ier de Grèce, Léopold II de Belgique, le président Félix Faure, le duc de Windsor, etc. Sarah Bernard, Cécile Sorel vinrent se produire au théâtre du Casino. Honoré de Balzac, Paul Verlaine, Guy de Maupassant, Alphonse de Lamartine, outre des soins et de la détente, y trouvèrent leur inspiration.[3]

          L’activité touristique, en Savoie en particulier comme plus généralement ailleurs, s’est donc développée au départ grâce aux classes aisées de la « société bourgeoise ». Une deuxième forme de tourisme se développe également au XIXème siècle en Savoie: il s’agit d’un tourisme sportif, de montagne, réservé lui aussi à une élite aristocratique et bourgeoise. De nombreuses « premières » sont réalisées à cette époque, notamment par de riches anglo-saxons, venus « changer d’air » dans les massifs du Mont Blanc et de la Vanoise. Le révérend Coolidge, messieurs Whimper, Croz, et autres Mummry s’illustreront et marqueront à jamais l’Alpinisme. En 1919, la création du G.H.M., le Groupe de Haute Montagne, complétera cette situation: pour intégrer le G.H.M., il fallait être noble, riche et avoir effectué un nombre minimum de courses par an, de préférence accompagné d’un guide.

          La relation entre la montagne et le thermalisme est évidente; par exemple, en 1884, la ville d’Aix-les-Bains compte près de trois mille Anglais et deux mille Américains. Ces deux attraits de la Savoie furent à la base d’un premier développement économique fondé sur le tourisme. Le ski connut même ses premiers balbutiements comme activité touristique, à Chamonix notament et ce dès la fin du XIXème siècle.

          Mais après la Deuxième Guerre mondiale, la situation touristique va évoluer d’une façon assez opposées par rapport à celle de la Belle Epoque.

          Du côté du thermalisme, les étrangers sont partis, la Côte d’Azur est devenue la destination à la mode. Mais l’origine de la clientèle va se trouver rapidement modifiée, avec, dès 1947, le remboursement des soins par la Sécurité sociale. La fréquentation des établissements thermaux augmente, mais ces derniers ne soignent plus des biens portants mais des malades. Sur le département de la Savoie, des établissements dont les thermes sont pourtant connus depuis l’antiquité, sortent de l’ombre que leur avait fait Aix précédemment (La Léchère, Brides-les-Bains, Challes-les-Eaux, etc). La clientèle devient plus populaire.

          Avec l’apparition des congés payés et l’augmentation du niveau de vie, le tourisme en général va se développer. En Savoie, l’apparition notamment des stations de sports d’hiver, qui connaîtront un fort développement dès les années 1960, va jouer un rôle crucial dans l’activité du département. Le tourisme de montagne va se développer non seulement l’hiver, mais aussi l’été. Il va également se diversifier et on lui trouve de nombreuses appellations, comme par exemple les tourismes culinaire, patrimonial, fluvial, d’affaires, de montagne, etc.

 


[3] Alexandre Dumas père écrivit en 1832 Les Alpes, de Chamonix à la Grande Chartreuse.

| 0.0. INTRO | 0.1. GEOGRAPHIE | 0.2. HISTORIQUE |0.3. DEFINITION DU TOURISME |
| 0.4. TOURISME ET SAVOIE | 0.5. DEVELOPPEMENT DURABLE |



Qui Suis Je ? Contact Plan du Site CGU Création de site Partenaires  

Infos Tunisie Infos Kenya Infos République Dominicaine Idées voyage Infos Tanzanie Infos Hongrie Vanuatu
© 2008 Bozonnet.com